Près de Courchevel serpentait la route du poivre. Venu d’orient il passait par Venise, Turin, Termignon où l’on peut visiter la chapelle Notre Dame des Poivres, le col de la Vanoise et la tarentaise. Cette route était aussi, en sens inverse, celle du sel et des fromages qui allait de Moutiers Salins au Piémont.
En 1295 ce serait Marco Polo qui aurait rapporté ce fruit sec pour la première fois à Venise. Cette épice serait ensuite tombée dans l’oubli en Europe puis réapparait à la fin du 19ème siècle.
Passionnés d’épices, nous avons découvert que les zanthoxylum avaient une bonne chance de s’adapter en moyenne montagne savoyarde. Restait l’incertitude de l’altitude exacte, du froid, du poids de la neige, de l’ensoleillement, du vent et de la nature du sol.
Après avoir testé une dizaine de variétés rustiques de zanthoxylum (poivriers de la famille des agrumes) sur notre terrain en pente à 1150 m d’altitude, en aval du hameau de La Nouvaz à Courchevel, nous avons sélectionné quelques variétés pour leur qualité gustative et bien sûr leur résistance à l »altitude, au froid et au UV.
Nous décidons de créer une prairie permanente avec des vergers poivriers basse tige et quelques arbres. Une barrière de haie ou de forêt protège les arbustes du vent asséchant et froid.
En 2026 nous avions déjà planté 700 poivriers en pleine terre afin d’obtenir un produit de qualité et de proximité.
« le sel de l’existence est essentiellement dans le poivre qu’on y met » Alphonse Allais (écrivain et humoriste français ; 1854 – 1905)
Le saviez-vous ?
L’expression « payer en espèces » vient du fait qu’autrefois il était possible de « payer en épices », de payer en grain de poivre.